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 Les bottes de Sept Lieues ( Quête Vertigo )

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Animateur #1

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MessageSujet: Les bottes de Sept Lieues ( Quête Vertigo )   Lun 5 Nov - 11:28

Le petit garçon ignora les moqueries jusqu'au bout, se permettant même le luxe d'un petit sourire au coin des lèvres. Son père lui avait interdit de révéler son identité, par conséquent, les criminels ne savaient pas à qui ils avaient affaire et traitaient le gamin comme on traite tous les sans domicile fixes apparents, maigrichon et freluquet, perdus dans la rue et servant de coursiers pour les indénombrables têtes de gangs qui se prenaient partout dans la ville pour de vrais malfrats. Vu sa corpulence, le jeune homme venait de très très bas et celui qui l'avait envoyé réceptionner la commande, s'il n'avait pu trouver mieux, ne devait pas avoir un bien grand terrain, et encore moins de qualité dans son personnel. Mais où avait il donc trouvé l'argent pour acheter ce produit ? Car enfin, le paquet qu'ils étaient en train d'échanger contre un vrai trésor, sonnant et trébuchant qui plus est, n'était pas destiné à finir dans les mains d'un malfrat de dernière zone, c'était de la qualité, un pur produit de la plus pure science que leur maîtresse à tous, Talia Al'Ghul n'avait pu s'empêcher d'analyser, et d'améliorer. D'après la légende, il était même bien possible que ce soit elle même qui l'ait construit. Après tout, elle avait un temps été la scientifique la plus renommée de la Lexcorp, et ce matériel avait bien une tête de prototype tout droit sorti de cet ACME privatisé. Autour de l'objet, tout restait un mystère. Qui donc l'avait acheté, et que diable prévoyait il de faire avec s'il n'avait sous la main que des adolescents avec deux grammes sur l'os ?

De son côté, l'adolescent en question passa en revue les mouvements précis et gracieux de ses interlocuteurs, le grain abimé par l'ombre constante des quelques bouts de peaux qu'il apercevait et la richesse orientale de leurs armes, simples mais terriblement efficaces. Aucun doute, il avait affaire à des membres de cette fameuse Ligue des Ombres, qui avait trahi son père à maintes reprises et dont il semblait avoir peur. C'était bien la seule organisation qui lui faisait un quelconque effet, en dehors de la Batfamily pour laquelle il entretenait une véritable passion, comme beaucoup de criminels ici bas. Bien sûr, chacun avait son sens personnel du mot "passion". Avec une pensée pour le Joker, le jeune homme remercia les assassins et accrocha le paquet à une sangle qu'il avait passé autour de son torse et de ses épaules, en bandoulière. Grâce à la technologie de son père, il ne serait pas trop gêné dans ses mouvements et prévoyait de rentrer bien vite chez lui. La satisfaction du paternel était sans égal à ses oreilles, surtout depuis qu'il l'avait récemment enfin reconnu comme son fils biologique.

Il n'était il est vrai pas trop tôt. Peu curieux à l'idée de savoir ce qu'il transportait, le "minot de Gotham" s'en retourna et entreprit la longue route qui devait le mener chez lui. Le quartier étant mal famé, il avait prévu de courir si quiconque l'appréhendait ou s'approchait de trop près. Il lui fallait rentrer coûte que coûte. Bien sûr, il lui était impossible de savoir que juste au dessus de lui, se coulant de bâtiments en bâtiments, une forme sombre attendait que les ninjas soient complètement partis pour fondre sur sa proie ridicule et faire sienne les bottes tant convoitées..
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W.Vertigo/Comte Vertigo

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MessageSujet: Re: Les bottes de Sept Lieues ( Quête Vertigo )   Mer 7 Nov - 16:49

La Ligue des Ombres n'était pas une organisation qui connaissait la pitié, pour en avoir été membre un temps Werner le savait, mais il lui importait peu qu'elle puisse lui mettre la main dessus. Ce matin il s'était levé avec la certitude qu'aujourd'hui serait un jour qui marquerait le début de son autodestruction et qui pourrait lui en vouloir? Il avait tant erré aux cours de ces dernières années, certains de ses projets avaient été vains et complètement stériles, il ne laissait derrière lui que ruines et désolation, il était peut-être temps de prendre les devant sur cette dernière. Humilié et diminué, le Comte Vertigo avait prévu son prochain coup avec la force du désespoir.

Les bas-fonds de Gotham étaient une mine d'informations aux multiples galeries, il fallait parfois juste savoir où chercher et comment demander naturellement. Dire qu'il avait été sadique avec ces jeunes gens espiègles de la rue aurait été un manquement à la véracité des faits, deux d'entre eux auraient pu éviter tout cela, l'avaient-ils seulement voulu? Non, ils avaient tenus à vendre leurs connaissances, prostituant d'une façon si simple leur unique intérêt aux yeux de Werner. Il avait été, à sa façon, convaincant. Il se souvenait encore de l'écho de son arme à feu dans cette petite ruelle et du cri puéril qui l'avait suivit. La nature humaine était parfois si écœurante, les honnêtes et braves gens auraient été scandalisés de voir un adulte en pleine possession, ou presque, de ses moyens tirer de sang froid dans la jambe d'un adolescent qui, s'il n'allait pas dans un hôpital hors de prix, perdrait sûrement son membre à cause de la gangrène. C'était hier soir et les manches de sa combinaison étaient encore recouvertes de poudre.

En passant un coup de rasoir sur ses joues marquées par la fatigue, l'idée de l'utiliser pour s'ouvrir la jugulaire naquit dans son esprit. Il était loin le temps où il s'affichait comme héritier d'une grande lignée, terminée le temps où il aurait pu défendre les couleurs de l'Amérique au travers du monde, morte la courte époque où il s'était frotté à la Ligue. Enfin, pas tout à fait. Le souvenir de la voix paniquée du troisième comparse de la nuit dernière résonnait à son tour dans la cathédrale en ruine de son esprit. Ses sanglots avaient rendu le récit difficile, mais avec le recul, ils donnaient un côté très authentique à la déclaration. Le comte écrasa une larme naissante au coin de son œil droit et regarda d'un air morne son visage. C'était lui qui avait tiré hier, lui qui avait d'une voix glaciale demander tous les détails sur les mouvements récents de la Ligue et le fameux transfert de technologie qui devait être fait dans les prochains jours. Avec leur réseau d'espionnage miniature mais éparse ils savaient, l'ignorance n'était pas une denrée qui se vendait bien après tout et à Gotham, tout finissait par ce savoir.

Quelque chose l'animait tandis qu'il rinçait les restes de mousse à raser, une sorte de soumission. Cela n'avait rien à voir avec l'énergie débordante qu'il avait eu lorsqu'il avait décidé de se refaire une santé après sa baignade dans la Gotham River, non, c'était la résignation à son objectif, il devait avancer, c'était sa vie, minable et lamentable, plongée dans le vice et la cruauté, mais sa vie malgré tout. Il aurait pu sauter de cette fenêtre que le monde ne cesserait pas de tourner, mais sans Werner, il lui manquerait un individu, enfin, c'est que l'infime partie de lui qui s'accrochait au monde des vivants hurlait sans cesse sans s'expliquer réellement. Son regard las se tourna vers la fenêtre. Le crépuscule tombait déjà?

Il regarda l'heure, déjà si tard?! Il avait l'impression de n'avoir dormi qu'une heure ou deux. Ses yeux se souvenaient parfaitement d'avoir vu les heures défiler, mais son cerveau n'en gardait aucune trace. Sentir ses sens se combattre ainsi était son quotidien, pour ne pas dire son état normal. Le comte se hâta à la manière de l'aristocrate qu'il restait en son for intérieur vers sa penderie. Il fit habillement coulisser le fond de celle-ci et en extirpa sa tenue de criminel. En songeant aux informations de cette voix d'enfant qui le hantait, entrecoupée par les cris de douleurs de son camarade, il attachait son masque. La sensation du tissu le calmait, elle l'apaisait presque. Werner comprenait les justiciers masqués, l'on se sentait tellement libre avec un simple accessoire, on pouvait presque se sentir déplacer des montagnes sans le poids culpabilisant du regard du reste du monde. Tout n'était pas aussi simple hélas, il y avait toujours des regards qui ne se braquaient pas sur l'apparence ni le physique, mais directement dans l'esprit tels des aiguillons sournois qui pouvaient renverser jusqu'au plus grands des colosses.

En enfilant sa combinaison qui lui rappelait sans cesse, comme un coup de poignard, sa famille, son héritage en ruine et son ancien pays, il se répétait intérieurement qu'il était là, à Gotham, qu'il avait un but, précis, celui d'être, celui de subsister et pour cela, il avait besoin de matériel et de moyens...de matériel et de moyens...de matériel et de...moyens... qu'importent justement les moyens qu'il dusse mettre en place. "Machiavel était un bon penseur, c'est un bon enseignement", la voix de son percepteur suppléait à la sienne pour se donner de la force. Oui. Une botte noire d'enfilée. Oui, c'était exactement cela. La seconde à présent.

- Comte Vertigo, répéta-t-il devant son miroir en mettant d'un air théâtral sa cape. Je le mérite...

Quittant sa demeure, Werner se dirigea vers Old Gotham. Ces territoires étaient, aux yeux du criminel, une terre de crainte et d'horreur. Quiconque y entrait restait seul avec lui même, entouré par une architecture qui vous plongeait directement dans votre cœur; qu'il soit courageux et vous y pénétriez confiant; qu'il soit couard et vous ne passiez pas la première rue; qu'il soit plein de haine et vous trouviez de quoi épancher votre colère contre les démons de pierre qui crachaient leur eau de pluie; qu'il soit triste et malheureux et vous y finissiez enfermé à jamais. Werner pénétra d'un pas décidé et monta via un escalier arrière de sécurité vers le toit d'un immeuble qui donnait sur le lieu de rendez-vous de ses anciens "alliés". Il connaissait quelques unes de leurs méthodes, même s'il ne doutait pas qu'elles puissent changer, mais les vieilles habitudes ont parfois la vie dure.

Les autres petites frappes n'avaient pas lésiné sur les détails de l'opération de leur camarade, comme Crane l'avait compris, la peur est un moteur très puissant. Accroupi sur son toit, Werner vérifia son arme à feu et l'attacha solidement à sa ceinture, il avait oublié sa paire de jumelle, de toute façon il n'aurait pas su où la mettre. Il plissa donc ses yeux et observa un temps le manège en contre-bas, l'adolescent qui était chargé du transport s'écarta. Bien, l'opération n'avait pas subie d'imprévus, comme une aussi soudaine que surprenante décapitation du coursier.

Werner se souvint, suivre un temps la cargaison pour s'assurer de son acheminement sans trop d'encombres dans les environs du lieu de rendez-vous, puis laisser à la grâce du destin le transport. Profitant de l'enchevêtrement anarchique des toits du quartier, le Comte put suivre un temps sa cible, le temps en tout cas qu'elle s'écarte suffisamment de la protection de la Ligue. Lorsqu'il se fut assuré d'être seul avec le jeune homme, il descendit de son perchoir, prenant garde à ne pas faire trop de bruit, utilisant au besoin les conseils que Deadshot lui avait prodigués durant ses années dans le Suicide Squad. Lorsque sa botte toucha le sol, il se plaqua contre un mur et observa un temps la ruelle dans laquelle était entrée sa cible. Un coup d'œil à droite, à gauche, derrière lui et il s'engouffra à sa suite. Il distingua la silhouette devant lui. Plus question de le suivre à la sauvette, de toute façon un homme en cape qui vous suivait dans une ruelle à cette heure-ci n'était pas un ami.

- Je te conseille de ne plus faire un pas à moins que tu ne souhaites que ce soit le dernier, lance-t-il finalement en pointant sa cible de son arme. Et met toi à genoux face au Comte Vertigo.

Les intonations désespérées de sa propre phrase démontraient l'abattement qui régnait en lui, il n'hésiterait pas à faire ce qu'il jugeait nécessaire pour accomplir sa petite mission et récupérer ce bien si précieux qui lui offrirait un nouvel effet de surprise dans sa croisade contre le monde entier. Tuer n'était pas un problème, il avait éliminé tant d'inconnus qu'un de plus ou de moins ne pèserait pas sur sa conscience gangrenée, pas plus que de mutiler. Ce qui lui posait le plus de problème à l'instant présent, c'était le manque d'information sur son adversaire, vieux réflexe. Toujours bien connaître son ennemi si l'on voulait s'en sortir indemne, mais qu'on le sache ou non, on ne termine jamais une telle mission indemne. Son doigt releva le chien de son arme, il ne savait pas vraiment pourquoi il se fatiguait à laisser cet individu en vie, pourquoi il lui laissait une chance alors que sa vie n'était rien de plus que celle d'un vulgaire voyou, n'était-ce pas l'aider que de l'achever ici et maintenant? C'était tellement tentant, mais d'un autre côté, le laisser dans sa fange était une punition bien plus sévère. Un sourire mi-cruel, mi-désespéré se dessina sur son visage.
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Animateur #1

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MessageSujet: Re: Les bottes de Sept Lieues ( Quête Vertigo )   Sam 10 Nov - 10:10

Should i just keep chasing pavements even if it leads nowhere ?

Le paquet était encore en bon état. A vrai dire, il n'était même pas sale, le jeune garçon ayant réussi à le retenir même dans sa chute. Lui même venait à peine de se relever, tremblotant, les mains pleines de cailloux et de déchets encore non identifiés, ouvertes de ci de là mais fort heureusement pas infectées. C'était des ecchymoses de gamins, dûes à une erreur de gamin. Certains tombent de leurs vélos lorsqu'on leur enlève les pédales, d'autres s'écorchent les doigts en jouant dans leur chambre. Lui venait de tomber en essayant de braver l'ordre d'un ex-assassin armé afin de compléter un échange douteux de marchandises de type prototype millitaire. Mais il s'était relevé. Il n'avait pas pleurniché sur le sol en attendant qu'on le délivre de ce satané colis, ne s'était pas roulé en boule dans l'espoir d'échapper à l'inévitable détonation, il s'était relevé et il avait obéi. Ou presque. En réalité, il avait complètement oublié la partie du discours de son agresseur mystérieux qui lui enjoignait de se mettre à genoux. Paralysé par la peur, il tentait de saisir tout ce qu'impliquait la menace imprévue et de trouver un moyen de la contourner pour compléter cette mission. Hélas, toutes les voies semblaient le mener à une impasse, souvent létale. S'il essayait de s'enfuir avec le paquet, il était clair qu'il ne parviendrait pas à faire plus que les trois pas réglementaires au basket avant de perdre la vie. Mais s'il donnait gentiment son paquetage, et qu'il rendait dans son nouveau chez lui les mains vides, son non moins nouveau paternel allait probablement faire pire que prendre sa vie, ou bien ne se contenterait sûrement pas d'une simple balle dans la boîte crannienne. Son père était un homme de perfection, il n'accepterait pas de vivre avec un sidekick qui ne valait pas sa confiance.

Sous le noir manteau, pourtant épais, de la nuit, le jeune homme frissonna et sentit tout ses muscles se relâcher au même instant sans prévenir. Il ne s'était jamais senti aussi faible, après des années d'errances et des années de survie seul, dans les bas fonds d'une ville hostile. Cette fois, il avait perdu et dans la cour des grands. Plus de possibilités de faire demi-tour, plus de solutions alternatives, plus rien. Il allait vider son corps et son esprit de toute pression avant le moment fatal lorsqu'une détonation retentit. Plus tôt que prévue. Et beaucoup moins douloureuse. En fait, le gamin se rendit compte qu'il ne ressentait rien, hormis un désagréable sifflement dans les oreilles. C'était donc aussi confortable, l'agonie ? Et pourquoi n'était il pas tombé à terre, soufflé, propulsé comme les victimes de son paternel ? Comme les victimes de la rue qu'il avait cotoyé et laissé mourir durant tant d'années ?

Prudent, et surtout curieux, le freluquet rouvrit les yeux. Une seconde venait de passer. Et il comprit aussitôt que s'il restait ici une seule fraction de plus, il allait vite avoir la réponse à ses questions post-existentielles. Le tir ne venait pas de l'arme de son agresseur, qui n'avait pas bougé, et la balle se trouvait au pied de ce dernier, bien qu'elle ne l'ait pas touché. Quelqu'un, à l'extérieur de son champ de vision, avait tenté de supprimer Vertigo et s'était raté, ou bien avait essayé de donner du temps au jeune homme pour qu'il s'enfuit. L'homme de vert vêtu semblait très réactif, se sentant menacé, il ne tarderait pas à appuyer sur la gâchette. Il fallait profiter du minuscule délai offert par la surprise pour détaler, en espérant que le troisième homme n'en ait pas après lui aussi. Peut être comptait il supprimer tout le monde et s'emparer du paquet. Mais comment autant de gens pouvaient s'intéresser à une boîte de carton dont ils ne connaissaient pas la provenance ? Les assassins avaient ils failli à leur réputation en se laissant observer ?

Ce n'était pas le moment pour y réfléchir. Et ce n'était pas la spécialité du gamin de se poser des question, mais celle de son père. Le visage terrible enhardit ses jambes terrifiées. Avant que Vertigo ne lui tire dessus, il s'en était retourné, avait d'abord zigzagué pour éviter un coup puis, prenant le risque du quitte ou double, s'était engagé dans le labyrinthe des ruelles du bas Gotham pour rejoindre plus sûrement son repaire. Il ne courrait pas bien vite, mais espérait que le troisième homme pousserait la générosité pour lui donner du temps.

Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il s'agissait d'une femme, et qu'elle n'avait aucun attachement pour sa cause. Une fois Vertigo mis à mort, elle comptait bien le retrouver et, mineur ou pas, l'exécuter. Les bottes de la Ligue des Ombres seraient parfaites pour compléter le costume de Dragon Fly, et voler une marchandise de la Ligue serait une bonne vengeance après son éviction de cette dernière, suite à la scission provoquée par Cassandra Cain.. Sans le savoir, la tueuse rechargea son arme, la rangea dans un grand sac de sport qu'elle laissa au sommet du bâtiment et entreprit de rejoindre un autre ancien de la Ligue, prête à en découdre..
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W.Vertigo/Comte Vertigo

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MessageSujet: Re: Les bottes de Sept Lieues ( Quête Vertigo )   Mer 5 Déc - 16:59

La simplicité était une illusion, telle était la morale de toute l'existence de Werner. Et cette sinistre illusion fut effacée au détriment de l'extase désespérée qui l'avait conduit à se mettre dangereusement en avant face à un ennemi désarmé, sans avoir estimé utile de considérer d'autres facteurs. En l'occurrence, il n'était pas seul derrière sa proie. La balle qui se ficha dans le sol auprès de lui l'en avertit comme un coup de la grand faucheuse dans le vide. Les nombreuses missions et les heures de travail pour le Suicide Squad firent leur office. Le poussant contre un mur tel un pantin effrayé, noyant son système nerveux d'adrénaline, accélérant de cette façon si caractéristique son coeur, augmentant aux limites du supportables ses pensées, certaines l'insultaient, d'autres analysaient. La balle s'était fichée dans le sol avec force, son adversaire était donc équipée d'un fusil à lunette ou d'une arme capable de développer une belle puissance, c'était quelqu'un qui s'était préparé, mais dont l'un des principaux soucis serait bientôt de se déplacer rapidement tout en utilisant cette arme.

Tout sniper disposait au moins d'arme de poing pour ce genre de cas, mais Werner avait l'avantage même si l'on aurait pu en douter aux vues de sa position. Les tireurs d'élite étaient dangereux en position statique et lorsque l'on considérait comment détalait le livreur, ce coup de semonce serait l'un des derniers que son rival pourrait effectuer avec cette arme. Mais si c'était un assassin de la Ligue... il n'emploierait pas ce genre d'arme. Vertigo bondit contre le mur d'en face qui devait probablement se situer sous le sniper, histoire de l'empêcher d'utiliser son arme avec une efficacité dont il ne pouvait pas douter, quoique le premier coup aurait dû lui être fatal. Cherchait-on à le dissuader de continuer sa poursuite? L'assiduité du psychopathe prit le relais : prendre une petite revanche contre la Ligue, posséder une nouvelle arme dans son arsenal et surtout démontrer à cette ville la vraie valeur de Werner Vertigo, Comte de son nouveau titre était bien plus attrayant que n'importe quelle promesse de mort et si sa vie était l'objet du pari, cela ne changeait rien.

Le temps n'était pas l'ami des gens atteint de troubles bipolaires, il soignait moins qu'il amplifiait et les phases de transitions, lui avait un jour expliqué le médecin que les membres du Suicide Squad devaient fréquemment voir, seraient probablement de plus en plus intenses et leurs transitions parfois extrêmement rapide. Werner n'avait pas pris garde, désespéré qu'il était à cette époque. Aujourd'hui, il ne pouvait même pas se rendre compte de combien ce docteur avait eut raison. L'adrénaline couplée à ses désirs destructeurs renversèrent intégralement les engrenages de son esprit dérangé. La maniaquerie bouscula sans une once de clémence la tristesse mélancolique qui avait agité de quelques spasmes sa carcasse flegmatique. "Ne pas faire de bruit, avancer comme un carnassier tapis dans la brousse" étaient des maximes qui s'appliquaient à toutes les opérations qu'il avait faite avec Deadshot.

Au loin, l'Horloge de Gotham avança d'une minute, depuis le coup de feu il ne s'en était écoulé que deux. La silhouette de sa cible disparaissait et le bruit de course devenait lointain. Comme projeté du mur par un ressort invisible, Werner s'élança, arme toujours au poing et tira quelques coup sur les hauteurs qui le surplombait sans viser, cela permettait de faire réfléchir plus que de causer des dégâts chez l'ennemi. Quelques secondes de répit avec un tireur embusqué pouvaient sauver votre peau. Ses yeux et sa vision suivaient avec une ardeur toute excitée ses battements de cœur. Les murs des rues devenaient par à-coup concaves et les bruits de la ville lointaine s'estompaient pour laisser place au bruissement sourd et lancinant de sa respiration. Il était le Comte Vertigo, seigneur et maître déchu, mais toujours debout! Le monde n'était fait que de va-nu pied qui ne connaissaient que réussite et victoires, ses revers et sa vie étaient la preuve même de son acharnement, il n'abandonnerait pas! Pas maintenant!

Sa cape voletait derrière lui et claquait à la prise des virages. S'il réussissait à se rapprocher suffisamment de sa cible, il aurait alors le choix de la manière de lui faire regretter sa désobéissance. Le bougre était agile et rapide, il lui rappelait les capucins du zoo de Gotham, ces insupportables petits singes qui faisaient pousser de langoureux et pathétiques "awww" de mignonerie câline des adolescentes pré-pubères et des mères désabusées. La rage montait à présent de son cœur vers sa gorge, ses yeux s'emplissaient de petites larmes dues autant au froid qu'à son état d'esprit changeant. Il n'oubliait cependant pas son ennemi tapis en hauteur, celui-là avait un sérieux avantage, il ne souffrait pas les virages intempestifs des rues, les pavés glissants et l'asphalte humide que la brume recouvrait d'une fine pellicule graisseuse, les résidus des industries de l'East End repoussaient jusqu'ici leurs miasmes putrides.

Le choix était difficile, s'il montait en hauteur, il rencontrerait son rival et devrait l'affronter, cela signifiait perdre de vue l'objet de sa sortie, mais il gagnerait en mobilité sur le moyen terme. Mais s'il restait là, il prenait le risque de se voir affubler d'une jolie balle dans la boîte crânienne et sa course commençait à devenir difficile sur un tel terrain. La guerre était une affaire de plans simples mais modulables, d'opportunités saisies lorsqu'il le fallait, Werner allait saisir la sienne. Il tira deux coups de feu vers sa cible pour l'effrayer un peu, espérant secrètement qu'il parviendrait à la toucher. Profitant de la longue ligne droite que représentait la rue, il bondit avec la grâce qu'il se connaissait sur une poubelle verte fermée et attrapa au vol une barre de protection d'un escalier de secours. Propulsée par l'excès manique, ses muscles développèrent un effort qu'il n'aurait en temps normal pas exécuté aussi simplement, demain serait une dure journée pour ses bras. Il se tracta avec célérité et passa par dessus la rambarde. La respiration haletante, il se rétablit, observa l'avancée de cet impertinent et grimpa le long de la structure, s'assurant toujours de ne pas perdre de vue le garnement en culotte courte. Enfin arrivée en hauteur, il reprit sa course, oubliant un temps qu'il y avait un autre concurrent sur l'affaire. L'espacement restreint des immeubles dans ce quartier était une aubaine songea-t-il, seulement, avait-il saisit l'opportunité qui le mènerait à sa victoire ou la triste et cruelle désillusion le conduirait à la défaite la plus cuisante?

[HRP]Avec toutes mes excuses pour le retard[/HRP]
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