RPG +16 ans
 

Partagez | 
 

 Une nuit de regrets.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Stephanie Brown/Spoiler

avatar

Localisation dans Gotham : Là où il y a de l'espoir

MessageSujet: Une nuit de regrets.   Lun 13 Aoû - 16:36

    La pollution perpétuelle du quartier Otisburg rendait le ciel plus sombre que ce qu’il était déjà. La nuit venait à peine de tomber. On voyait encore à travers les édifices mourir à l’horizon l’étoile du jour dans une marre de sang de couleurs pastels. Au-dessus de la tête de la justicière, le ciel était déjà couleur encre. Spoiler, vêtue de son accoutrement habituel dissimulant son identité, parcourait les toits des quelques bâtiments résidentiels de l’endroit. Elle resta près du sol pour ne pas salir ses poumons d’une surdose de CO2 et de produits toxiques. Son tracé indiquait qu’elle voulait s’approcher de la centrale électrique de la ville. Mais n’était aucunement pressée de s’y rendre.

    La journée qu’avait vécue Stephanie en ce 13 mars n’avait pas été de tout repos. De plus, elle manquait de sommeil. Le café n’avait fait que brûler sa langue et lui faire manquer le bus pour se rendre à l’Université. Elle avait un examen auquel elle devait se préparer le lundi, mais n’avait qu’à peine plongé son nez dans les bouquins. À croire qu’elle avait peur de s’y noyer. L’étudiante attendait la fin de la semaine pour commencer sa session d’étude, profitant du reste de la semaine pour se reposer.

    Il n’était que vingt heure. Elle aura l’occasion de dormir un peu plus tard, c’est tout. Pas de quoi fouetter un chat. Juste une heure ou deux de surveillance. Pas plus.

    Les nuages dans le ciel commencèrent à se joindre à ceux formés de polluants en tout genre. La pluie qui allait s’annoncer n’allait que rendre cette soirée encore plus déprimante qu’elle ne l’était déjà. Le cœur de Stephanie était lourd mais, malgré son poids d’une tonne, trouvait encore la force de venir se loger dans la gorge de la jeune femme. Il semblait que le ciel n’allait pas être le seul à verser ses larmes ce soir. Un nuage planait dans la tête de Spoiler, la justicière révélatrice. Elle n’aurait pas été capable de mettre le doigt sur ce qui clochait dans son moral, mais c’était quelque chose qui lui faisait mal. Et elle espérait bien chasser le cumulus de son crâne en parcourant la ville.

    Profitant du cours de relaxation de sa mère, elle avait enfilé son costume violacé, le reste de sa tunique noire et lancé sa cape sur ses épaules et était finalement parti à la chasse au bonheur. Malheureusement, celui-ci n’était pas indiqué à coup de brique jaune. Il fallait être un peu plus débrouillard et suivre son instinct. Nul ne sait pourquoi le quartier industriel de la ville semblait être pour Stephanie un château d’émeraude, mais ce n’est certainement pas à ce genre d’endroit qu’on s’attend à voir un magicien d’Oz.

    On entendait au loin les éclairs annonciateurs d’une averse sur la ville de Gotham. Le vent débutait déjà à appuyer sur l’accélérateur, et commençait à se lever. La cape de Spoiler qui, à l’ordinaire, suivait le corps de jeune femme de la justicière dans chacun de ses mouvements venait à se créer une volonté et, appuyé par le son du claquement de la cape dans l’air, virevoltait autour de la justicière masquée. Et, alors que la nuit qui s’annonçait déjà morose ne semblait pouvoir se gâcher d’avantage, Stephanie aperçu une silhouette se dessiner dans la rue qui s’étirait d’un port à l’autre de l’horizon. Une silhouette si flou qu’elle ne pu la reconnaître au premier coup d’œil. Mais, alors que le soleil terminait sa chute derrière la Terre, laissant l’intégralité du ciel à sa rivale, la lune, l’identité de l’ombre ne devint qu’on ne peut plus clair. Harvey Dent déambulait dans les rues d’une ville qu’il avait autrefois défendue.

    Dans le ciel, il n’y avait aucune étoile. Brown vint à regretter les dernières lueurs du jour.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Une nuit de regrets.   Lun 13 Aoû - 17:27

    Droite. Du blanc, immaculé. Gauche. Une couleur qui rappelait le charbon. Le costume que portait Dent en ce soir était dans un sale état. Ou du moins, la partie gauche était dans un sale état. Comme son visage d'ailleurs. D'une couleur suie, la partie gauche de la veste semblait avoir brulée en partie, la partie droite en revanche semblait sortir du pressing. Le tout donnait une impression étrange, entre le fini entièrement et le baclé. La chemise avait gardée les mêmes teintes, que la veste, même si elle ne semblait pas brûlée. Le pantalon, était parfaitement en concordance avec la veste, aussi bien dans la teinte que dans l'aspect. Seule note de folie, aujourd'hui, la cravate rouge cardinal, qui apparaissait comme triomphante, au delà du bien, du mal, de l'aspect, et du sens de chaque chose. Une justice rouge, droite, brûlante, comme un feu qui dévore l'homme, brûlante, comme le bûcher qui embrase le mal, brûlante comme les douleurs horribles qui s'imprégnaient dans le visage de l'ancien procureur. Acide. Son sang n'était plus qu'une masse corrosive, visqueuse et bouillonnante, de folie, de rage, et d'incompréhension. Les pas, presque hésitants de l'homme boitant, déchirait l'air sombre et étouffant. Journée difficile. Ciel noir ? Etait-ce la nuit qui enveloppait Gotham de son manteau gourmand et uni ? Ou était-ce simplement la pollution de cette ville corrompue. Gotham était à l'image de ses habitant, noire, noire et loin de toute justice, loin de toute logique. Favoritisme, privilèges, subjectivité, rien, rien n'était juste à Gotham. Sauf ça.

    Argentin, clair, brillant, chant léger, presque enfantin. La pièce tourbillonna dans les airs, lançant sa chorégraphie mortuaire et gracieuse. Les reflets du soleil semblait se briser sur la pièce de métal. Un coup, elle était d'une beauté éclatante, un coup, elle était d'une noirceur terrifiante. Elle redescendit, passa devant le visage de Double-Face qui regardait, a la manière d'un inquisiteur, l'homme qui était assis, dans la ruelle, contre un mur, abasourdi, presque suppliant. La boue et la crasse recouvrait son corps, autant que les bleus et les ecchymoses. Il s'était fait battre a mort, par les membres du gang d'Harvey. C'était un incapable. Il avait essayé de les avoir. De les voler. Le fou. La justice allait-elle s'abattre, comme la lame de Damoclès sur cette tête enfantine. Le brigand devait encore attendre sa majorité. Le coryphée d'argent s'écrasa dans la paume de Harvey. Il releva la tête, un côté était chevelu, un autre chauve, un côté était sain, un autre fou, un côté juste, un côté cruel, un côté propre, et un brûlé, chair vive, mise à nue. Harvey sortit le fusil a pompe, double canon de son étui, caché précieusement dans son revers de veste. L'homme tenta de s'enfuir. On le retint. Plaqué contre le mur. Il vit Dent ouvrir doucement le canon scié, mettre les deux cartouches. Modifié, il tirait les deux en même temps. Ca n'allait pas être propre. On le forca a ouvrir la bouche. Bientôt, il l'eut jusqu'à la gorge. Harvey le regarda droit dans les yeux. Puis lui montra la pièce. Elle était brûlée, on ne reconnaissait même pas le visage. Ecorchée. Comme le visage du type qu'il avait essayé de voler. On ne rigolait pas avec Harvey Dent. On n'essayait pas d'arnaquer Dent. Pas de pardon. Pas de rédemption. Les voitures démarrèrent, et dans le boucan diurne des affaires de la ville, on n'entendit même pas le cerveau du jeune homme repeindre le mur.

    Le reste s'était enchaînée très vite. Retour dans un appartement, changement de costume. Le sang, ça tâche. Le meurtre d'Harvey ne lui ressemblait pas, typique de Double-Face. Brutal. Violent. Sans raison liée a la justice. Enfin, si, punir, mais cet enfant le méritait-il vraiment. Harvey douta. Il se regarda dans la glace brisée, et il vit ses lèvres bouger, et la voix rauque, la voix rauque de lui s'élever, comme celle d'un fumeur de longue date, comme celle d'un homme qui aurait perdu ses cordes vocales, ses poumons, sa volonté de vivre, et sa santé mentale, le traiter de peureuse. Pardon murray. C'était sa juste vengeance. Ils avaient cramés, tout les deux, à des dates différentes. Il s'assit sur son lit, contempla sa pièce. Peut-être que cette fois, la libération serait a sa portée ? Il lança la pièce, prit le pistolet dans sa table de chevet poussiéreuse. Le plaqua contre sa tempe, la pièce retomba, côté noir. Il voulu appuyer sur la gâchette, ça ne partait pas. Sa main gauche ne lui appartenait plus. Son bras joua avec le pistolet, puis le plaqua contre sa cuisse droite, et encastra dans la dite cuisse 2 balles. Harvey hurla.

    « Tu pensais que j'allais te laisser faire ça ? »

    Il ne pouvait pas en finir, pas avec lui. Ce qui était sûr, c'était que dans le corps de Harvey Dent, il y avait de moins en moins du procureur, et de plus en plus de Murray, enfin Double-Face, de l'Autre, comme il l'appelait de temps à autres. Il se releva, boitillant jusqu'à la salle de bain. Peigna son côté droit. Son côté gauche s'était rasé les cheveux. Il se trouvait de plus en plus terrifiant. Sa main gauche pris un des ustensiles rouillés sur le haut de l'armoire a pharmacie et retira les plombs, qui heureusement ne s'étaient pas enfoncés profondément dans sa chair. Il avait donc prévu cela a l'avance, et changé les munitions. Un coup de bandage et c'était bon. Ce qui était sûr, c'est que Dent n'était pas près de se battre ce soir. Ou en tout cas, pas au corps à corps. Bientôt, il pourrait éliminer des avocats. Il en avait deux en tête. Il regarda les photos accrochés a sa salle de bain. Une belle blonde, un beau brun. Maitre Ragger, et Maître Sent. Deux avocats, corrompus. Qui avaient pour habitude de défendre des pourris, et de cacher la véritable justice. Il se pourrait qu'il y ait des dommages collatéraux. On verrait ce qu'elle dirait. Harvey remis son costume. Avala un verre de whisky.

    « Nous devrions la prendre, n'est-ce pas ? »
    « Bien sûr.»

    Dent saisit, la pièce qui était posée droite sur la table. La fourra dans sa poche. Il se tourna vers une grande armoire en bois brut, et sortit son double canon. Il le plaça a l'intérieur de sa veste. Cela ne suffirait pas. Il saisit deux revolvers. Canon longs. A barillet. Un noir. Un blanc. 6 coups. Il les chargea, une balle sur deux, 50/50, a chaque pistolet. Fit tourner les barillets, et en cacha un dans son dos, le noir. Un plus visible, le blanc, était a sa taille, sous sa veste de costume. Drôlement armé pour un procureur. Il savait que des gens voulaient sa mort. Ou du moins, son arrestation. Quel justice dans le Batman et ses acolytes ? Lui seul avait la véritable justice, le hasard. Ou le chaos comme le nommait le clown. Aucune différence.

    La nuit avait tombée, bien vite. Le procureur avait vagabondé, seul, sans vraiment savoir ce qu'il cherchait. Peut-être un peu de calme. Il agirait le 22. Comme a son habitude. Peut-être que Harvey cherchait la mort, et que Murray cherchait la violence. Tout deux cherchait une certaine justice. Mais il n'y avait pas de justice, pas plus dans ce quartier de Gotham, plus pollué que les autres. Les rues étaient composées d'usine, certaines en ruines, abandonnées, d'autres toujours ardentes. Il savait. Elle était là. La petite recrue de son vieil ami. Il prit sa pièce. Un éclair dans la nuit. Les rayons du soleil embrasèrent l'ombre derrière lui, la pièce sembla faite, un instant, de feu. Il regarda la pièce. Il sourit. Bon dieu, cela serait sans doute amusant.



[HRP : afin de prouver ma bonne foi, concernant le résultat de ma pièce, je le met dans un spoiler (ouhouh, quel jeu de mot) en dessous, je te prie de resister a la curiosité, et de ne le regarder qu'a la fin, cela pourrait te gâcher la suite des évènements]

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Stephanie Brown/Spoiler

avatar

Localisation dans Gotham : Là où il y a de l'espoir

MessageSujet: Re: Une nuit de regrets.   Mar 14 Aoû - 15:07

    L’ombre à deux visages déambulait dans la rue que l’on appelait Saint Street en direction d’où se tenait le soleil une seconde plus tôt. Pièce à la main, il semblait, qu’alors qu’elle virevoltait dans les airs présentant ses deux faces en alternance, que la fausse monnaie avait reflété la dernière lueur du jour lorsque qu’elle atteint l’apogée de son ascension. L’éclat parut, pour Stephanie, avoir la même puissance que le soleil lui-même. Le temps s’était suspendu, au même titre que la pièce se tenant à deux pieds au dessus de la tête de l’ancien procureur. Le rayon lumineux avait aveuglé son œil gauche et la justicière vient à voir des points rougeâtres flottés devant ses yeux. Suspendus. Tout semblait tenir dans l’espace sans tenir compte de la gravité. Comme si la terre sur laquelle les souliers d’Harvey marchaient n’avait plus la force de tout retenir. Comme si tout ce qui se trouvait ici n’appartenait plus à la Terre. Tout était de travers. Cette pièce lumineuse ne semblait pas avoir sa place ici. Elle était trop aveuglante pour les yeux de Stephanie.

    Lorsque ses paupières se refermèrent, le temps repris.

    Le côté carbonisé de la pièce découvrit son visage. La lumière n’était plus, et tout semblait être plus sombre que le noir lui-même. Plus sombre encore qu’un masque noir…

    Spoiler vit l’œil de Murray se poser sur elle. Une seconde. Un instant. Elle ne bougea pas pour autant. Elle resta accroupie où elle était, les avant-bras reposant sur ses genoux. Le bâtiment sur lequel elle se tenait avait dû être résidentiel, il y a un moment. Les fenêtres étaient presque toutes défoncées, les résidus de verre éparpillés sur une moquette qui regorgeait de champignon en tout genre. Les appartements à l’intérieur était vides, nettoyé de tout meuble et électroménager par les criminels du coin. Sur ses quatre étages, le lieu n’était habité que par les insectes et pourritures. Le revêtement en brique de la façade restait l’unique preuve qu’il y ait eu vie ici : Il y a longtemps, un enfant avait dessiné à la craie coloré quelques gribouillis enfantins. Effacé par la pluie et le temps, il ne restait que le dessin d’un soleil aux rayons linéaires.

    Toujours immobile, sans bouger un muscle, la jeune justicière observait son ennemi. La démarche qui possédait laissait deviner qu’il avait mal à la jambe droite. Une douleur très destructrice, mais dont il ne semblait pas rechigner la moindre information de douleur de la part de ses muscles. Spoiler espérait que cela le retiendra de toute tentative d’attaque envers elle. Elle n’avait point l’humeur de se bagarrer ce soir. Une erreur était facile lorsque l’on a l’esprit ailleurs. Et fatale.

    - Alors Dent, elle se leva et s’approcha du rebord. Sur quelle face suis-je tombée?

    Elle avait dit cela d’une voix forte, baissant légèrement celle-ci après s’être mise bien droite devant le criminel. Le vent soufflait tout autour d’elle. Elle sentait même sa queue de cheval se faire poussée par son capuchon qui s’aplatissait légèrement contre son crâne. Sa cape flottait tel un drapeau de guerre, annonçant ses couleurs. Le violet. Signe de paix, et de solitude. Il y avait un moment que cette couleur n’avait pas plané officiellement sur la ville. Connaissant Dent, cependant, elle savait bien que l’ancien chevalier blanc de Gotham était au courant de bien des choses. La voir ici, dans ce costume, ne devrait pas être une surprise pour lui.

    - Content de me voir? Ou aurais-tu des sentiments contradictoires sur la question.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une nuit de regrets.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une nuit de regrets.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Le Cherche Midi] Les enfants de la nuit de Frank Delaney
» Comment connaître la vitesse instantanée de nos bolides la nuit ?
» Prendre des photo de nuit avec Nikon D80
» Les métiers de la nuit
» Photos de nuit

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Univers Gotham :: Gotham City :: Otisburg :: Rues industrielles-
Sauter vers: